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 SCAR • • • « god can't save my soul »

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« I Am an Antichrist »

Paris

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MessageSujet: SCAR • • • « god can't save my soul »   Mar 25 Déc - 3:35

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« je veux que tu saches, au lieu d’en avoir peur, que tu saches que tu mourras un jour. - fight club »

© CHESTER.
Nom Complet / Scar, pour les cicatrices opaces qui parcourent cette peau noire, enveloppe charnel de ce pantin décervelé qui n'a jamais su voir les conséquences de ses actes. Adonis pour la couleur sombre d'un costume enfilé, d'un tombeau qu'on endosse sans question, sans remord, et qu'on porte jusqu'au terme d'une vie passée à attendre. Kone pour l'absence d'un modèle paternel, la totale destruction d'une famille perdue, la fuite loin des bras menaçants de deux parents déchirés, déracinés, inconstants... De deux parents inexistants. Bregovic pour la dernière lueur d'espoir qui reste en chacun de ces êtres serviles que tu regardes avec dégoût, du matin au soir, pour la main tendue à celui qui n'y croit plus, à celui qui cesse de se relever après une chute tant il a bouffé la terre et égratigné son visage contre la roche, pour celui qui redonne le gout de vivre à un cadavre croupissant sous le soleil charognard. Âge / L'importance des chiffres, des nombres, qu'on prête à toute choses. Quelle valeur ont-ils? Tu n'y as jamais cru. Tu as omis de compter, de comptabiliser, puisque le temps n'est rien pour toi, puisqu'il empoisonnait ta vie, puisque ta liberté n'en était qu'entachée. Tu as passé la vingtaine, et si tu y penses bien, peut-être rôdes-tu autour des vingt-et-un, vingt-deux ans. Date de Naissance / Si ton âge lui-même s'est effacé de ta mémoire, la date de ta naissance fit de même. Et si tu ne te souviens plus réellement de l'année... Tu sais que tes premiers pleurs s'échappèrent de tes yeux en Novembre, saison de l'automne, celle où tout n'est que chute et dégringolades plaintives, gémissantes. Lieu de Naissance / Continent dénué d'âme, peuple exploité depuis toujours, population vivante de misère et de peur, pays ravagé par les guerres, par la famine, par les horreurs. Tes yeux d'enfants ont su voir l'immensité terrifique de Yamoussoukro, et peu importe ce qu'il te reste de souvenir de la Côte d'Ivoire, tu ne peux que te souvenir des souffrances que tu as vu et vécu, à travers ton regard infantile et tes membres dérisoires. Localisation / Ville de tous les rêves, apogée de la désillusion. Ruelles sombres, visages tristes, désenchantements à chaque coin de rue, tu ne trouveras pas ici ton bonheur, tu ne trouveras pas ici ton idéal, mais comme tu ne le trouveras nulle part, autant vivre face à la Tour Eiffel, au bord de la Seine, histoire de ne pas oublier, jamais, que la France n'a jamais su défendre les Droits de l'Homme qu'elle avait elle-même rédigés. Profession ou Études / Quand soudain tu découvris ton talent pour le cirque, les acrobaties, l'équilibre, la jonglerie, tu intégras un cirque. Maintenant que ce temps est révolu, tu erres de ruelles en ruelles, exposant parfois ton corps et sa souplesse extrême, ou bien ton habilité et ton fin doigté en faisant tournoyer bâtons enflammés ou couteaux aiguisés, ou bien encore en dansant ton espèce de chorégraphie désarticulée, dénuée de sens, dénuée d'influence, dénuée de toute attache connue, cette valse qui te donne des airs de marionnettes dont on a coupé les fils. Tu mendies dans la rue, vendant ton image pour manger, ou bien pillant poubelles et magasins dans tes jours les plus confiants. Situation Financière / Il y a de cela longtemps que tu ne comptes plus la valeur des choses à l'aide de ces billets verts essentiels aux abrutis, aux chiens et aux moutons. Tu as compris qu'on payait autrement, que chaque chose avait un prix, à condition qu'on veuille bien lui en donner un, et que, surtout, ce qui est essentiel à une vie humaine ne se paye pas... Il se prend. Le vol est son unique moyen de survie, et ce depuis son plus jeune âge. L'argent, il n'en a pas besoin. Et quand il en a, il le dépense aussi vite que possible. Orientation Sexuelle / Le sexe est une drogue, un besoin, un plaisir incontournable... Le sexe est splendeur, et le partenaire, qu'il soit féminin ou masculin, influe seulement de par son expérience et ses talents. Tu te fiches de savoir que ton compagnon ait des seins ou un sexe externe, tant que tu prends ton pied, tant que tu montes au plus haut du plaisir, tant que tu caresses les vaporeux nuages du septième ciel, puis que tu t'étends quelques minutes pour reprendre ton souffle tant ton cœur refuse de croire que c'est fini. Statut Social / L'amour. C'est mignon, tu trouves. Ça sonne bien. Ça rend bien, dans les vitrines, dans les magazines, dans les émissions de télé-réalité, mais, dans le fond, tu le sais que c'est des conneries. C'est comme croire au père noël à quarante ans: ça fait pitié. C'est simple, les couples te fascinent tout en te dégoûtant. L'amour? Tu ne l'as jamais ressenti, donc c'est qu'il n'existe pas. Une bouée de sauvetage pour les plus faibles. Une chaîne de plus, histoire d'aveugler le cupide pour lui faire croire qu'il est heureux. Groupe / Explosion, destruction, victoire, ... Cette sensation qu'on éprouve après avoir cogné, après avoir battu, après avoir brisé, quand on abandonne au bord du caniveau un ennemi qui nous paraissait plus fort. Se surpasser, continuellement, jusqu'au bout. Finir en miette, cracher du sang sur un sol desséché, voir dans le regard des autres le mépris, la répugnance, la haine. Se libérer, à travers la violence, à travers la souffrance. Se sentir vivant quand nos forces se révèlent enfin, quand nos dents tombent une à une, quand on ne sent plus la douleur tant nos muscles s'ankylosent. Sex Pistols, je détruirai chacune des jolies choses que je verrai, car il n'existe aucune sensation aussi agréable que celle que l'on éprouve lorsqu'on met au tapis un adversaire plus beau que soi. Échappatoire / Ivresse de l'excès, orgasme ambivalent, éventail de plaisirs à diverses intensités, vices extrapolés, jusqu'à l'overdose, jusqu'à l'oubli de soi-même, jusqu'à en vomir toutes ses tripes, tout son sang, toute son âme... La drogue, salvatrice guerrière, ravageant un corps en en extrayant tout le bien, puis en lui faisant croire qu'elle est l'héroïne de l'histoire... Doux liquide alcoolisé, dont l'essence enivre les veines du cobaye, tout en lui murmurant à l'oreille que ce qu'il ressent, c'est probablement aussi cool que de voler, que de se découvrir des ailes, que de devenir plus léger qu'un ballon de baudruche... Sexe sans limite, envolée libératrice, pour un instant, et atterrir dans l'orgasme permanent. Teenage Wasteland, puisque tu es une drogue, autant t'atteindre à travers elle. Avatar / Peau d'ébène, lèvres surdimensionnées pour mieux accentuer les traits creusés d'un visage peu commun, regard profond, sans fin, corps sculpté dans un bois imperturbable, véritable statue antique si l'Afrique avait envahit la Grèce, je vous présente Axel Serine.
Un peu plus sur vous
Signe distinctif / De ton pays d'origine, il ne te reste qu'une seule et unique trace, ou tâche. Une croix, sur le bras droit. Une croix chrétienne. Tu la gardes, pour te souvenir, toujours, que tu ne contrôles rien: ni ta vie, ni celle des autres, ni même les croyances et superstitions qui régissent ton monde. Cette croix, elle est le symbole de la crédulité humaine, et donc de ta propre crédulité à toi, que tu tentes d'alléger dès lors qu'elle dépasse ton quota. Pourtant, tu as quand même modifié ce testament de ton enfance: tu as aiguisé les pointes histoire de représenter combien dangereux il est de se frotter à tous ces concepts vides comme la religion, la politique ou même le bonheur, l'amour, et autres conneries. Tu possèdes également un message sur le flanc, où il est écrit « Sisyphe heureux », en langue tzigane. Sisyphe heureux, c'est un concept qui te plait, car depuis toujours, la littérature et la philosophie de l'absurde te fascinent. Alors voilà. Il symbolise un peu le dernier but que tu te fixes: devenir un Sisyphe heureux. Et puis, sur l'autre flanc, juste en dessous de la naissance d'un de tes pectoraux, discret et peu visible, la silhouette noire d'un pistolet. Il est la violence qui te constitue, toute la haine qui te pourrie de l'intérieur, mais que tu laisses fleurir avec enthousiasme, mais que tu laisses sortir dès que tu le peux. Cette douleur qui devient agressivité, celle qui te fascine tout en te résumant. De plus, tu as un piercing, un septum, que tu laisses presque toujours bien visible. Il n'a pas de réel signification, mais tu y tiens. Comme à ta vie. Et puis bien sûr, il y a cette trace sur ton torse, sur ton pectoraux, cette cicatrice, dernier vestige d'un bonheur éparpillé, brûlure que tu t'es faites en voulant sauver ta vie que tu laissas filer ensuite.
Phobie, Manie, Tic / Tu as peur de beaucoup de choses, mais ne le montre jamais. Tu ne possèdes aucune réelle phobie, si ce n'est celle de l'eau, depuis que tu as vu ton frère disparaître dans l'immensité maritime. Alors tu évites son contact, quand elle est dans les mers, les océans ou les rivières. Tu es néanmoins capable de l'outrepasser si c'est réellement nécessaire. Et puis, tu as tes petites habitudes. Tu adores, après l'amour avec une femme, rouler une cigarette et la fumer à la fenêtre. Si c'est avec un homme, tu préfères fumer une cigarette industrielle, ou un petit joint. De plus, comme tu roules souvent, tu aimes à laisser ta marque de fabrique, et, pour tes joints, tu fais des filtres en carton roulés en S, comme Scar. Pour les cigarettes roulées, tu ne mets pas de filtre.
Langue(s) parlée(s) / Il fut un temps, tu ne parlais que Dioula. Puis tu vis les côtes françaises. Puis tu tomba amoureux de la langue de Molière... Mais vint ta seconde naissance, et tu décidas de renier le Dioula, de démystifier la langue de Baudelaire, de Rimbaud, d'Aragon, pour les dialectes tziganes que tu rencontrais sur la route, pour la multitude de nuances qui existent dans ce monde sans fin, et, enfin, pour le seul langage vraiment universel: celui de la Musique.
Origines / On te dit Ivoirien pour ta couleur, mais ton accent lui-même s'est dissipé, et tu n'es qu'un navire sans ancre, sans gouvernail, qui flotte, qui erre sur un océan protecteur, ignorant les côtes et ses rochers, et ses récifs. Tu n'es de nulle part et de partout à la fois. Tu n'as pas besoin d'une nationalité ou d'une origine attitrée. Tu n'as aucune identité, que ferais-tu d'une étiquette de plus?
Religion / Trop terre à terre pour croire en quiconque, tu ne crois que ce que tu vois. Pourtant, tu en as connu, des religieux, des croyants, des pratiquants. Certains que tu respectais plus que d'autres. À une époque, tu t'indignais des croisades et du sang sur les mains de l'Église catholique, puis tu as pointé du doigt les Juifs et leur occupation illégale et injuste de la Palestine, puis tu insulta même l'Islam pour des raisons qui restent sombres... Aujourd'hui, tu te moques de la religion des gens autour de toi. Tu éprouves une haine pour le monde entier, et la croix autour de son cou ou le voile sur sa tête ne change en rien ton mépris pour l'être humain.
Opinion Politique / Religion, Politique... Pour toi, c'est identique. Pour toi, les deux domaines ne sont que spectacles, de mauvais gout, qui plus est. Comédiens sans talent, démagogues à la langue de bois trop lourde, tu méprises les politiciens comme tu prends en pitié les prêtres. Oui, il fut un temps où tu aurais pu t'engager, mais plutôt que de choisir la résistance idéologique et ses embryons d'illusoires et naïves utopies, tu as décidé de plonger tête la première dans une piscine de débauche, de pêchés, et de décadence. C'est un choix comme un autre... Comme celui de voter Front National ou de prier la Vierge Marie.
Modèle, Idole, Inspiration / Longtemps tu t'es persuadé que tu étais unique... Ou, du moins, que personne n'avait à t'inspirer, que tu n'avais pas besoin de modèles pour te construire, que tu n'avais personne à idolâtrer, que personne ne pourrait jamais comprendre ton idéal de vie. Mais tu as compris. Que tu n'étais pas seul. Qu'aux États-Unis, surtout, un simple type, un barjo à lunette de soleil et à crâne dégarni, journaliste sportif et romancier déluré, comprenait ton mode de vie. Et qu'il l'appliquait même vingt fois plus intensément. Hunter Stockton Thompson. Et parfois tu oses rêver atteindre son niveau de tolérance aux innombrables substances qu'il expérimenta, mais tu reviens vite sur terre: ce gars-là est un Dieu vivant de la décadence.
Style Musicale / Contradictoire à souhait, tu aimes mélanger ce qu'on ne mélange pas. Tu sais passer du morceau de hardcore le plus violent à la symphonie classique des plus reposante. Mais tu sais également profiter de quelques minutes du torturé Beethoven pour ensuite te déhancher sur des rythmes endiablés de punk français. Tu admets aussi un faible pour le bon rap, qu'il soit francophone ou anglophone, bien que tu préfères le premier, que tu comprends mieux. Et puis, tu te laisses bercer sur des mélodies si variées qu'il n'est pas facile de résumer tes goûts musicaux... Néanmoins, il est un genre qui surpasse tous les autres dans tes préférences, et c'est la musique si libre et enjouée des caravanes tziganes et gitanes qui traversent l'Europe et qui viennent taquiner tes oreilles dans tes rêves les plus fous.
Musicien favori / Le choix n'est pas ton fort, tu n'en as jamais été capable. Tu préfères citer de longues listes sans fin, pour ne pas avoir, non, jamais, à te confronter au choix. Dès lors qu'on te demande, tu esquives ou bien tu énumères par centaines... C'est si rassurant de ne pas avoir à en choisir un seul. Mais si tu devais citer un musicien seul, peut-être dirais-tu Django Reinhardt, ou Goran Bregovic et ses compositions de musique de films. Et cela n'est que supposition, car, en fin de compte, tu n'es même pas sûr d'aimer plus certains magiciens des notes que d'autres... Il y en a tant que tu aimes, et dans tant de genres différents qu'ils ne se comparent pas... Joy Division, The Doors, Radiohead, Gainsbourg, Ferré, Aznavour, Marley, et autres divins qui savent faire rimer musique avec ivresse.
Chanson favorite / Comme pour les musiciens, tu ne sais pas quoi aimer plus. Ces temps-ci, tu aimes à chantonner la Bohème de Charles Aznavour. Le texte te transperce toujours, à chaque fois. Comme si tu le comprenais. Comme si tu savais. Pourtant, tu as 20 ans. Pourtant, tu n'as jamais eu ta bohème. Mais parfois, dans des tourbillons de fumée d'une Gitane, tu te plais à t'inventer une autre vie où tu aurais rencontré cette merveilleuse créature aux hanches si bien dessinées que tes mots eux-mêmes auraient refusé d'échapper à tes lèvres...
Auteur favori / Les romantiques et leur mal du siècle ont très bien su cibler ton mal de vivre à toi. Baudelaire, Rimbaud, bien sûr... Mais aussi les autres, si l'on omet Hugo qui t'as toujours paru pédant et chiant à lire. Pourtant, tu as un faible pour les engagés, et surtout de la Boétie, dont tu as lu tous les rares essais, et qui est, après réflexions, très intéressant. Dans un genre plus romanesque et plus contemporain, tu conseillerais à tout amateur de littérature les plus grands représentants de la littérature dite « hallucinogène »... Les beatniks, bien sûr, tels que Ginsberg ou Kerouac, mais aussi les plus récents, d'Hunter S. Thompson à Irvine Welsh en passant par Tom Wolfe. Orgasmiques.
Livre favori / Les livres, comme tu ne peux pas t'en acheter, tu les empruntes à la bibliothèque. Tes livres de chevet changent en permanence, donc tu n'en garde que rarement un seul à l'esprit. Il y en a qui t'ont marqué, bien sûr, comme Trainspotting de Welsh ou 1984 d'Orwell, ou même, beaucoup moins gai, La 25ème Heure, de Virgil Gheorghiu. Tu les conseilleras mais passeras souvent et rapidement à autre chose, car malgré ton instabilité naturelle, tu es un véritable rat de bibliothèque.
Réalisateur favori / Tu aime les films slaves, alors celui que tu citerais surement si tu avais à donner un réalisateur en particulier, ce serait bien sûr Emir Kusturica et son ambiance décalée, déjantée, tout en restant joyeuse, surprenante, pleine d'une joie de vivre peu commune et aux rythmes endiablés. Oui, pour une fois, tu peux faire un choix... À condition de pouvoir également citer le grand Tony Gatlif, peu connu mais pourtant effroyablement prometteur. Le cinéma te plait beaucoup, mais tu as une profonde haine pour les films Hollywoodiens... Peut-être parce que le black meurt toujours avant la moitié du film, qui sait?
Film Favori / Tu en as vu des films, de toutes les couleurs, d'ailleurs. Et tu as maudis l'industrie Hollywoodienne pour ses travaux sans âme, criant leur manque d'humanité et de vérité. Pourtant, le film que tu chéris dans ton coeur depuis que tu l'as vu dernièrement, il est américain. Un réalisateur que tu gardes en tête: Guy Ritchie. Et un film qui comporte le plus beau monologue de toute l'histoire du cinéma, d'après toi: Rock'n'rolla. Tu pourrais voir et revoir ce film une centaine de fois que ton jugement ne changerait pas d'un pouce.
Devise / Longtemps tu t'es accroché aux mots comme à ta propre vie, puisqu'ils étaient ton unique phare dans la tempête constante de ton existence. Aveuglément, tu as appris par cœur de nombreuses phrases, de nombreux livres, sans pour autant en être rassasié. Et puis tu as compris qu'une devise ne servait à rien puisque l'on finit toujours par l'outrepasser, et que c'est même pour cela qu'on la choisit. Tu diras maintenant toutes les belles phrases, pleines de rêves et d'idées candides, qui te passeront par la tête si ça peut faire plaisir à ton interlocuteur. Tiens, que dis-tu de « It's only after we've lost everything that we are free to do anything » ?
Objet fétiche / Tu n'es pas habitué à donner une valeur aux objets que tu transportes, peut-être parce que tu as déjà tout perdu trop de fois, peut-être parce qu'à force de ne rien posséder, on finit par ne plus attribuer d'importance aux choses... Mais il y a quand même un objet auquel tu donnes une certaine préciosité... Ton septum, et ce peut-être parce que c'est tout ce que tu as toujours possédé, en fin de compte... Puisque tu l'as depuis tout petit, qu'il ne t'as jamais quitté, tu lui prêtes de l'attention car c'est le seul objet qui te suivis partout, sans broncher.
Plus grande peur / Tu joues au solitaire, au détaché. Tu te considères comme un loup, de ceux qui sont faits pour traîner en meute, sans pour autant avoir trop d'affinités avec les autres compagnons. Tu n'hésites pas à te battre, à agir en animal sauvage... Tu ne t'attaches pas. Tu te distances au maximum de femmes, des hommes... Tu refuses toute relation amoureuse, tu es loyal en amitié, et ça s'arrête là. Tu n'as personne, au final. Une famille dispersée aux quatre coins du monde, aucune racine qui n'est pas été déterrée et replantée ailleurs, un esprit nomade... En fin de compte, t'es terrifié. T'es terrorisé à l'idée de finir seul, mais tu ne l'avoues pas. À personne. Pas même à toi.
Plus grand secret / Tu ouvres la bouche et un flow de remarques désenchantées et désillusionnées s'échappent en masse d'entre tes lèvres. Tu craches sur le ciel, sur Dieu, sur le gouvernement, sur la droite, sur la gauche, sur le centre, sur les extrémistes, sur l'amour, sur les couples, sur le bonheur, sur les théories fumeuses des plus grands philosophes, sur les règles, sur les lois, sur la police, sur la légalisation des drogues, sur le vol et les viols, sur l'avenir et la peur, sur l'être humain et sa finitude, sur l'humanité et combien elle te dégoûte, mais... au fond... tes convictions sont terriblement branlantes. Toi-même, tu n'ai pas sûr d'y croire vraiment. Et plus particulièrement, tu rêverai d'avoir cette étincelle qui luit dans les yeux de ceux que tu méprises.
Plus grand rêve / Tu parles sur l'amour et Ô combien c'est une connerie inventée par le système capitaliste pour qu'un Homme oublie sa servitude volontaire en se concentrant sur sa volonté de fonder une famille, pour qu'il consomme au maximum en épousant cette femme, en l'emmenant en voyage, en lui faisant des gosses, en lui offrant une vie « de rêve » dans un appart' minable de la banlieue parisienne avec une Twingo pour cinq, etc., etc. Mais quand tu croises un couple, dans la rue, alors que tu voudrais l'ignorer, le mépriser voire lui cracher ouvertement à la gueule... Tu ne peux t'empêcher de l'observer avec une envieuse curiosité, parce qu'ils te fascinent, les amoureux, parce qu'ils t'obsèdent. Parce qu'en fait, toi... T'aimerais bien, aussi, tomber amoureux.
DÉBROUILLARD DISTANT
DRÔLE ÉTRANGE
DOUÉ MENTEUR
ENDURANT MÉFIANT
BON VIVANT VICIEUX
ENIVRANT DÉCEVANT
FRANC COLÉRIQUE
ÉNERGIQUE LUNATIQUE
IMPULSIF AGRESSIF
Vous et le Wasteland
Que pensez-vous du Wasteland / Un terrain de jeu. Tu le vois comme l'endroit où, enfin, tu peux te défouler. Ça t'évite bon nombre de problèmes, car tu es insaisissable dans un monde où la liberté est le maître mot. Tu sais ce que c'est que de vivre léger, alors tu es fait pour vivre dans cet étrange monde à ton image. C'est ton double. Ta moitié. Et tu jouis en le détruisant peu à peu, tandis que d'autres s'évertuent à le maintenir en vie. Tu veux le voir brûler, tu veux l'entendre te supplier de l'épargner... Tu veux le soumettre à toi comme on soumet une chienne dans les ruelles obscures des quartiers les moins fréquentables.
Comment l'avez vous découvert / Une overdose de plus ou de moins, un orgasme un peu trop prononcé quand on abuse de partenaires, un verre de trop, bien chargé, une nuit où l'abus était, comme toujours, ton objectif et ton moyen. Tu t'es drogué, tu as adoré, et tu as changé de monde. Tu ne t'en es même pas rendu compte, au début. Ça te semblait normal, tant tu étais défoncé. Puis tu as réessayé, toujours aussi défoncé... Et tu aimes te sentir ivre quand tu flottes dans un univers aérien.
Que pensez-vous du Gourou / D'après tes dires, ce n'est qu'un pauvre type en mal de puissance, qui, persécuté dans sa vie réelle, a vu dans le Wasteland un moyen de se constituer un pouvoir. Mais là encore, il échoue. Tu te dis qu'il faudrait le prendre en pitié, ce pauvre gars. Après tout, tu l'aimes, le Wasteland. Par contre, quand il se met à raconter des conneries sur des règles dans ce monde libre, tu t'énerves et rêverais de lui casser la gueule comme il faut.
Que pensez-vous de votre Guide / Tu l'aimes bien. T'aimerais le rencontrer, t'aimerais passer toute une nuit avec lui, voire plus encore. Tu voudrais l'attraper par les cheveux, le jeter à quatre pattes, le dominer, puis mordre chaque partie de son corps, avant de le droguer, avant qu'il ne te drogue, avant que vous ne finissiez tous deux à mourir l'un et l'autre, à mourir de plaisir, à mourir d'euphorie, à mourir pour l'amour de la déchéance.
Parlez-nous de votre échappatoire / Tu sais qu'elle est malsaine, mais tu en es dépendant. Tu ne peux plus vivre sans la drogue, sans l'ivresse de quelques bouteilles, sans la sensation de ne plus exister, de n'être plus rien, de ne faire enfin qu'un avec le néant, avec l'infini, avec le chaos... Le vice. Le pêché. Il est toi et tu es lui. Ta vie sans la décadence n'aurait aucune signification. Tu serais mort si le plaisir ne t'avait pas sauvé.
Derrière l'écran
Pseudo / Hunter in Decadence. Prénom / Nao', ça ira très bien. Âge / Aucune importance. Pays / À bas les frontières. Présence / Toujours là. Avis sur le forum / Il est beau, pas vrai? Comment t'es arrivé ici? / Je suis la fonda! Ange ou Démon? / Dans toutes les histoires, les anges perdent leurs plumes. Et une étincelle suffit pour que leurs ailes disparaissent. Moi, j'ai regardé celles des autres s'envoler en entretenant mes cornes avec passion :D Double-Compte / Yep. DC de Taz :) Un p'tit mot en plus / J'ai craqué, c'est mal.

© KIDD.


Dernière édition par Scar A. Kone-Bregovic le Dim 22 Déc - 0:09, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: SCAR • • • « god can't save my soul »   Dim 22 Déc - 0:26

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ONE DAY, BABY, WE WERE YOUNG AND RECKLESS
« être esclave au paradis vaut mieux que régner chez les hommes. - médine »
Le ciel est noir, les jours sont sombres, ta peau camouflée sur ce fond désertique. Caméléon, tu t'adaptes aux situations comme s'adapterait la lune, et tu endures, à demi-mot, des peines qui ne te sont pourtant pas destinées. Tu fermes les yeux, les serres bien fort, pour ne plus voir, ne plus entendre, ne plus chercher à comprendre. Mais toujours tu finis par les rouvrir sur un monde qui t'effraie. Maman, elle cri souvent. Il parait que c'est normal, d'avoir plusieurs papas. Mais tu ne les appelle pas papa. Tu sais que ton vrai papa, il ne reviendra pas, parce qu'il a d'autres familles, parce qu'il a d'autres fils, et que tu n'ai pas son favori. Tu n'es le favori de personne, à quoi bon? Tu erres, silencieux. Beaucoup pensent que tu es muet. Mais tu n'as rien à dire, alors tu te tais. Tu observes, jeune ombre que personne ne remarque jamais. Ta mère qui se fait fourrer par des inconnus qui reviendront ou disparaîtront. L'absence de ton père qui te procure à la fois un sentiment d'insécurité et de plaisir malsain. Ta solitude réconfortante, rassurante, que tu aimes à épouser dans les ruelles nues de la capitale ivoirienne. Le monde est laid. Tu le sais, c'est d'ailleurs la seule chose que tu peux dire à gorge déployée. À peine une dizaine d'année que tu flottes sur ce continent en forme d'arme à feu, que tu écoutes avec détachement les hurlements de souffrances qui suivent les coups de feu... Que tu t'amuses à imiter ces soldats de la dictature, en ramassant parfois un revolver vide qui traîne devant des vitrines brisées, et tu tires, et tu tires dans le vide, sans balle, parce que t'es innocent, parce que toi, t'es incapable de faire du mal à qui que ce soit, et que, pourtant, t'aimerais bien faire péter cette ville à la con. Putain, si tu pouvais, tu exploserai une à une les boutiques qui longes les trottoirs, tu tirerai au sniper sur chacun des visages pantomimes que tu croises à tout bout de champ, tu couperai la tête de ta mère, de tes frères et sœurs, tu retrouverai ton enfoiré de père pour le voir te supplier de lui laisser la vie sauve ou de l'achever vite... Si tu pouvais, putain, tout ça, là, que tu dois endurer jour après jour, tu le détruirai. T'es qu'un gamin, impuissant, inconscient, qui comprend que dalle à ce que c'est, la vie, mais qui veut déjà la quitter. Peut-être que t'es né avec ça, avec ce virus à la con du mal être, du mal de vivre, avec ce besoin de vivre à cent mille à l'heure, par peur de se contenter d'exister. T'es né dans un monde qui aurait pas dû t'accueillir, parce que t'as rien demandé à personne, toi. Tu voulais pas forcément naître, et moins encore dans cette saloperie de pays où le sang pave les routes, où les cris remplacent les chants des muslims du Maghreb, où les pleurs sont ritualisées, où les gens croient dans des Dieux pour survivre aux atrocités... Tu ne veux plus cacher tes yeux, toi. Tu vois clair dans leur jeu, même si tu ne le comprends pas. Tu veux fuir. Tu veux vivre. Tu ne veux plus de ce monde à la con où les Hommes pensent tout savoir quand ils sont plus paumés encore que toi.
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AND THEN, BABY, I LEFT YOU FOR FREEDOM
« il est d'innombrables façons de sombrer ; agiter les bras en coulant n'est que la plus évidente. - nick flynn. »
Encore la nuit, comme si elle était le symbole de ton existence. Tu tentes de trouver de l'air, étouffé entre une algérienne et un kényan. Et tu souris. Pour la première fois de ta triste vie, tu arbores un immense sourire sincère. Tes dents se dévoilent dans l'opaque obscurité, et tu sembles illuminer de ton euphorie toute la cale du bateau de pêche. Femmes, enfants, vieillards. Ils se collent tous, désespérés, essoufflés, terrifiés. Toutes origines, et c'est seulement ici qu'ils se serrent les coudes. Et toi, tu ouvres grand tes yeux, même si ce n'est que le néant que tu vois, car le néant t'attire, qu'il est reposant, qu'il te plait. Treize ans. Treize longues années à subir, à endurer la souffrance des autres, à voir l'horreur au bord de ta fenêtre, à apprendre à se taire. Treize ans passés sur un territoire-tombeau, qui n'a rien de bon à offrir si ce n'est la mort. Mais enfin, c'est fini. Personne ne te regrettera, et toi, tu n'éprouves aucun remord, ni nostalgie, ni même mélancolie. Simplement une boule de joie dans le ventre et ton cœur qui martèle ta poitrine. Ta mère ne remarquera même pas, parmi sa ribambelle de mômes, que ton frère et toi avez disparus. Tu serres sa main, fort. Il tremble un peu, mais tu t'en moques. Tu te perds dans de vaporeuses projections. Tu te vois devenir tout. Tu parleras, tu aimeras, tu comprendras, tu vivras, tu embrasseras la vie, tu la baiseras sans gêne, tu cesseras d'exister, tu commenceras à découvrir, tu profiteras pour toutes ces années gâchées. Tu te perds tant et si bien dans ton esprit que tu ne réalises pas... Pas tout de suite. Ton illégalité ne te concerne pas plus que ça, même lorsque l'agitation dans la pièce s'accentue, quand tu entends les marins hurler, les femmes pleurer, les vieillards prier, et que tu te laisses porter par ce flot humain qui quittes l'obscure cale pour montrer en courant les escaliers et atterrir sur le pont. La mer est cendre. Tu ne vois rien, au début. Tu te concentres sur la main de ton frère dans la tienne. Tu regardes, et, bientôt, tu vois, au loin, de la lumière. Tu bondis de joie, en informe ta seule famille, lui montre votre future vie... Puis c'est la peur, le chaos et l'horreur. Les marins poussent les clandestins à l'eau, les yeux écarquillés, les dents sorties. La lumière avance trop vite. Ton cœur se glace, et celui qui, quelques minutes avant, poignardait ta poitrine de joie, s'arrête subitement dans sa course effrénée. Alors ce n'est pas fini. Alors c'est pire. Tu te fais pousser aussi, tu cris le nom de ton frère, vos mains se détachent, tu as peur. Puis c'est l'plongeon, sans que tu n'y comprennes rien, une eau glacée frappe ta peau, pénètre ta bouche, t'étouffe à t'en faire perdre l'entendement. Tu apprends à nage ainsi, en quelques secondes, pour sauver ta vie. Une sorte de valise vient frôler ta main, ton instinct animal s'en empare, et te hisse sur son corps salvateur. Tu flottes, dérives pendant tant de temps... Somnolant, congelé... Ton frère a disparu dans les remous démoniaques de cette mer que tu aurais aimé appelé maman quelques heures auparavant... Et puis tout se calme. Un calme ravageur. Tu ne vois ni côte, ni rive, ni navire lorsque le jour se lève. Des corps flottent parfois autour de ton radeau de pacotille... Tu revois l'algérienne... Dos face au ciel. Tes larmes ne coulent pas. Tes cris ne résonnent pas. Et, faible, tu te laisses dériver plusieurs jours. Plusieurs nuits. À moitié mort, tu fais ton deuil de toi-même, regrettant seulement d'avoir embarqué ton frère avec toi, dans cette quête à l'El Dorado, regrettant seulement ta cupidité et ton égoïsme... Puis tes yeux se ferment, et tu fais tes adieux à l'humanité détestable, à tes rêves d'enfant trop ambitieux, à ce monde qui n'était pas le tien, et ne le serai jamais...
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BUT THE BEST, BABY, WAS TO REBORN
« the freedom and simple beauty is too good to pass up. - christopher mccandless »
Tu ne pensais pas qu'un jour tu rouvrirai les yeux, et pourtant. Sur l'image gravée à jamais d'un ange, tu as vécu ta résurrection. De tes treize ans à tes dix-neuf ans, tu as vécu les plus belles années de ta vie, n'est-ce pas? Bregovic, c'est de là que te vient ton deuxième nom. C'est ta véritable naissance, la seule qui aurait dû être. Tu as découvert une autre vie. Tu as tiré un trait sur l'Afrique, sur ta mère, sur ton père, même sur ton frère. Tu es reparti de zéro. Pour de bon. Recueilli par une famille manouche, qui l'aurait cru? Tu as trouvé un véritable port dans ce campement. Et tu as vécu comme eux, oubliant tout ce qui te définissait jusqu'à présent. Bregovic, Ivan Bregovic. C'est celui qui t'as trouvé le premier, avec sa fille, alors qu'il jouait de sa guitare au bord d'une côte. Tu dérivais depuis des jours, et il t'a vu. Il a sauté à l'eau, a traîné ton corps inerte sur le sable, et c'est sa fille qui t'a réanimé. Tu as ouvert les yeux sur sa chevelure d'infinité, et tes yeux ont revu le ciel. Ivan t'as alors pris sous son aile, tout appris. Tu as découvert des passions. Acrobate de talent, tu apprenais vite, et de fardeau, tu devins source de revenus. Le campement manouche se déplaçait tous les mois, et tout était organisé pour que cela se passe bien. Il y avait plusieurs familles, mais l'on aurait dit qu'ils étaient tous du même sang. Au début, ils ne t'acceptèrent pas tous, mais au fur et à mesure, tu sus te faire apprécier, voire respecter. Tu intégras le cirque ambulant qui les faisait survivre, tu fis le funambule, l'acrobate, le trapéziste, le jongleur. Caméléon, tu devenais ce dont on avait besoin. Les efforts ne t'avaient jamais fait peur. Et l'argent rentrait, juste assez pour que Bregovic et les siens puissent poursuivre leur mode de vie. Ils t'apprirent aussi à te débrouiller dans toute situation: le vol, par exemple, sous toutes ses formes. Mais de tous les enseignements qu'Ivan su te donner, un seul fut essentiel à ton évolution. Il t'apprit l'amour. Tu te refuses toujours à l'appeler comme ça. Tu l'appelles la solidarité, l'entraide... Mais c'est plus fort. Car pour ces manouches, tu aurais tué père et mère. Tu aurais éradiqué l'espère humaine pour sauver ne serait-ce qu'un seul d'entre eux. Tu étais prêt à tout, car tu compris que la seule chaleur humaine, que le seul « bien » qu'il restait en l'être humain, ne se trouvait que lorsqu'il n'avait aucune possession. Longues années d'ivresse, où tu ne vivais plus pour toi, mais où tous vivaient pour tous. Tu n'étais plus seul. Tu renias la solitude au plus profond de ton être. Mais tu fis l'erreur de croire que tout cela ne pouvait qu'être éternel. Tu vis l'Europe, mais tu ne compris pas à quel point l'existence n'est qu'une suite d'horreurs. Tu ne comprenais pas que tout pouvait finir. À tout instant. Sans prévenir. Tu pensais qu'il suffisait de dire non, d'oublier. Tu as sacralisé l'oubli et la volonté, comme si tu pouvais tout choisir, comme si tu pouvais décider. Tu t'es dis libre quand tu n'étais qu'un abruti crédule. Peut-être même tombais-tu amoureux? De ce mode de vie, des nomades, du cirque, de la fille d'Ivan, de la liberté, du présent, de la vie elle-même... Mais cette chienne ne t'as pas laissé le temps de profiter de tout ce bonheur, de tout ce plaisir, de tout ce contentement. Cette chienne a décidé de te baiser. En frappant bien fort. Pile poil là où ça fait mal. Elle a craqué une allumette, et ta vie tranquille a pris feu.
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YOU KNOW, BABY, I'VE LOST EVERYTHING
« i believe in death, destruction, chaos, filth, and greed. - american history x »
Tu as vu du feu. Depuis toujours, il t'avait fasciné, tu avais cru le dompter, le maîtriser, tu avais dominé l'objet de tes peurs les plus intimes lorsque tu étais enfant. Tu avais vu tant de villages brûler sous le joug d'un lance-flamme que ton objectif avait été d'apprendre à contrôler le feu. Et tu l'avais fait. Tu y étais parvenu. Tu jonglais avec lui comme l'on allume une cigarette. Tu étais devenu son maître. Mais la nature t'as prouvé ta candeur. Chaleur étouffante. Tu tousses. Tes yeux s'ouvrent sur le chaos en marche pour sa première bataille. Des armées de flammes gigantesques s'approchent au pas de course de ton visage déformé par la terreur et la surprise. Tu bondis de ton lit, tentes de fuir ta roulotte. Tu tombes au sol. La terre elle-même brûle ta peau nue. Tu restes tétanisé quelques instants. Des cris. Des pleurs. Des hurlements. Tu revois l'Afrique, tu revois la mort, tu revois l'horreur, la détresse, les désastres. Tu revois la guerre, l'intolérance. Tu revois la douleur, la souffrance... Sauf que cette fois tout est différent. Sauf que cette fois, c'est toi qui souffre, en voyant les tiens agoniser. Tu voudrais te relever, courir vers la caravane d'Ivan, te jeter dans les flammes pour essayer d'en sortir son cadavre calciné... Tu voudrais libérer les enfants qui dorment sur les seins de leurs mères dans les ruines enflammées de ce campement. Tu sens les larmes monter à tes yeux, et enfin, tu retrouves l'usage de ton corps. Tes muscles te soulèvent, te hissent sur tes pieds sans chaussure, et tu cours vers la roulotte des Bregovic. Un groupe de gitan qui s'en ai sorti t'attrape, ils te tirent, te retiennent, alors que tu hurles, que tu pleurs, que tu cris. Toi, tu cris. Toi, tu pleurs. Toi tu geins, tu gémis, tu te plains, tu pries, tu insulte le ciel et implore le pardon, tu appelles, désespéré, Ivan, sa fille, sa femme... Tu voudrais les sauver, comme ils t'ont sauvés, mais ces gitans te retiennent pour t'éviter le suicide volontaire. Tu te libères, dans un accès de colère, et renverse les types qui tentaient de te calmer, tu bondis dans les flammes, tu sens la douleur, la peur, la mort qui étend ses bras vers toi, tu vois à travers la fumée plus dense que la nuit elle-même, les corps de ce qu'un jour, tu aimas plus que ta propre vie. Puis tu es happé vers l'arrière, sauvé des flammes, sauvé de l'infernal bûcher, sauvé de ta propre bêtise. Tu t'écroules au sol, tandis que les rescapés du massacre te traînent à l'écart. Les cris se font moins nombreux. L'agonie prend fin. Et c'est encore ce calme, ce calme si significatif, qui étreint les cœurs après l'horreur, pour mieux montrer comment la solitude reprend toujours le dessus. Comment on ne lui échappe pas. Jamais. Et après dix-neuf années passées à endurer, à mépriser les faibles et les pleurnichards, tu sens des larmes qui s'échappent de tes yeux, dévalent la pente de tes joues, et explosent au sol. Ton cœur ne bat plus, il n'ose plus. Et la brûlure physique que tu ressens sur ton torse et qui forme déjà une cicatrice indélébile sur ta poitrine n'est rien face à la blessure à vif de toute une vie brisée, jetée en pâture à la première flamme venue. Et tu pleures. Et tu sens une main sur ton épaule, mais tu ne veux pas. Tu ne veux plus de l'entraide, de la solidarité, de ce que Ivan appelait l'amour. Tu ne veux plus de tout ça, puisque la vie te réserve sans cesse autre chose. Si tu n'es pas fait pour vivre avec les Hommes, et bien tu vivras comme un chien, errant, solitaire, agressif. Tu te lèves, nu, et avance vers le campement de braise, de cendre et de fumée. Sans un regard pour ceux qui t'ont sauvés, pour les survivants du drame, tu traverses le camp funeste et t'enfuis. À jamais. Les larmes dégoulinant de niaiserie, de candeur, d'insupportable connerie. Plus d'espoir. Tu ne croiras plus jamais. Tu refuseras le bonheur si c'est ainsi qu'on est récompensé ensuite. Tu te contenteras du plaisir, immédiat, de ton plaisir à toi. L'égoïsme est un bouclier. Et dorénavant, tu ne veux plus souffrir.
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THE PRESENT, BABY, IS JUST A FUCKIN' FAINT ILLUSION
« on se serait shootés à la vitamine c si ça avait été illégal. - trainspotting »
Destruction puis création, c'est un cycle naturel, un cercle vicieux. Sans création, pas de destruction possible. Sans destruction, pas de création. Tu détruis, puis tu crées. Tu détruis plus que tu ne crées, mais tu aimes ça. Depuis qu'on t'as détruit, tu n'éprouves aucune culpabilité à jouer avec la vie d'autrui. Pour toi, autrui n'est qu'un rêve. Ce n'est qu'une invention, un nuage de vaporeuse fumée sans âme. Tu te moques de manipuler cette silhouette sans fond, puisque tu la méprises. L'humanité toute entière, tu lui craches à la gueule sans plus de cérémonie. Le seul moment où autrui t'intéresse, c'est lorsque ton désir se réveille ou que tu le couches sur une table de billard ou que tu le plaques contre une BMW. Le sexe. Apologie du mal et du bien à la fois. Faire du bien en se faisant du mal. Ce n'est pas du sadisme, ni du masochisme, simplement un penchant pour la souffrance, puisqu'elle est humaine. Elle est ce qui fait l'être humain, dans toute sa médiocrité, dans toute sa ringardise. Sans souffrance, l'être humain ne serait qu'un robot. Du moins serait-il plus automatisé encore qu'à présent, et la vie perdrait alors tout son gout. La seule chose qui te fait encore tenir debout, c'est ton amour pour la destruction. Tu te détruis. Tu la détruis. Tu le détruis. Tu me détruis. Tu te fous des conséquences. Tu n'as plus ni moral, ni éthique, car, au final, elles ne t'ont apportées qu'une douleur plus grande. Tu marches dans les rues, tu erres, détailles les corps harnachés que tu croises sur ton chemin, parfois embrasses des lèvres anonymes, puis poursuis ta route vers le bar le plus proche. Tu t'es crées une routine qui n'en est pas une. Tu t'autodétruis avec béatitude, parce que tu n'es plus capable d'éprouver de plaisir que dans la décadence. Tu baises, tu bois, tu fumes, tu sniffes, tu t'injectes par tous les moyens des substances qui t'enverront dans un monde bien moins répugnant. Tu visites le Wasteland pour mieux détruire. Toi, le monde... Tu aimes qu'on te regarde avec mépris, avec haine... Car tu vois alors dans les yeux des gens ce que tu vois partout quand tu regardes autour de toi. Cette mimique de répugnance, c'est celle que tu fais en permanence, mais que tu as appris à contrôler, à cacher derrière un masque. Tu jongles avec le feu pour mieux te souvenir de ce que tu as perdu, mais tu oublies le reste. Tu oublies le bonheur que tu as vécu, tu oublies que, peut-être, tu étais amoureux, tu oublies qu'un jour, tu as souris. Aujourd'hui, tu te complais dans les méandres de ces tristes existences parisiennes, observant, déglutissant, mâchant avec euphorie les esprits des plus faibles pour mieux les recracher sur les plus forts. Tu haïs quiconque croise ta route. Et plus rien ne te retient de détruire ce qui fut construit, par toi, par Ivan, ou par les autres. Tu ris, tu t'illustres de par ton sarcasme et ton attitude de clown, tu sais parfaitement que le seul moyen de continuer encore à mettre un pas devant l'autre c'est de n'y plus penser, alors à coup de substances plus ou moins licites, à doses faramineuses, tu suis les pas de Hunter S. Thompson et sèmes le chaos avec tes rires d’outre tombe, et effraies les enfants en leur racontant des horreurs, et tentes de t'oublier un peu plus chaque jour en errant dans les rues à la quête de sensation forte, escaladant les murs, observant du haut des toits, tout cela pour retrouver cette sensation, cette émotion perdue, ce sentiment... Vous savez, cette chose que l'on ressent quand on a l'impression qu'on vit. Enfin. Qu'on a cessé d'exister, et qu'à présent, on vit.

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Ce soir j'veux juste hurler. Hurler ma peur d'abandon.
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SCAR • • • « god can't save my soul »

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