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 cyd † you see, it's not me, it's not my family

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MessageSujet: cyd † you see, it's not me, it's not my family   Ven 14 Juin - 22:00

you see, it's not me, it's not my family.

Tu as prêté un regard distrait à ces gens bariolés. Un fin sourire, faussement rassuré, s’est dessiné sur ta bouche désabusée. Et alors que tu laisses tes yeux s’évader sur les contours des crêtes colorées, tu te mets à songer. Comment sont-ils devenus ainsi ? Est-ce l’héritage d’un père, d’une mère ? L’expression de croyances désacralisées ? Est-ce l’influence inévitable d’un ami, véritable phénomène de mode ? Pourquoi ainsi, alors ? Pourquoi des mods, pourquoi des rockeurs, pourquoi des punks ? Ces gens t’effraient autant qu’ils sont capables de te rassurer. Parce que tout n’est qu’apparence, et qu’ils ne veulent probablement pas tous t’assassiner. Tu portes ta cigarette à ta bouche. Le calme qui t’envahit en ces instants est étrange, Paweł. Comme si, fatigué de ton existence incomprise, tu t’étais finalement décidé à te laisser aller. Tu avances, presque joyeux, au milieu de ces rues sombres et éclatantes. Quelle est la substance qui coule dans tes veines, cette fois-ci ? Amphétamines. Juste suffisamment pour avancer. Petites billes colorées. Puisque tout n’est que nuance, aujourd’hui. Palette de rouge, mélangé à l’or jaune. Du vert s’y prêterait que tu t’en étonnerais à peine. Le rose des murs éclate tes prunelles. Peut-être faudrait-il songer à dormir, Paweł. A fermer les yeux sur cette étrange existence, inconvenante, qui détruit chacune de tes pensées. D’ici quinze minutes à peine, ton moral sera probablement au plus bas. Effet yo-yo. Peut-être devrais-tu aller au Wasteland, pour parfaitement oublier. Mais tu finirais presque par t’y sentir étranger. Tu voudrais au moins y revoir ta petite protégée. Peut-être faudrait-il songer à manger, Paweł. A cacher ton corps squelettique autrement que sous tes amples vêtements. Ta veste ouverte flotte derrière toi. Mort bleutée. Brune, tu sembles t’envoler. Et voilà que tu joues l’équilibriste sur le bord du trottoir, petit être fragile. Attendant que le vent se décide à t’emporter. Pourquoi les gens se détestent-ils les uns les autres ? Peut-être parce que, autrement, il n’y aurait pas poète. Il n’y aurait pas chanteur. Il n’y aurait pas compositeur. Il n’y aurait pas écrivain. Et tu ne serais rien. Tout au moins. Tout ou rien.

Sans hésiter, mais sans t’en rendre compte, peut-être, tu as poussé la porte du café. Tu as senti l’odeur de ces âmes perdues. Tes propres arômes te sont revenus en pleine figure. Tu t’es assis doucement, presque calmement, et as quémandé une limonade. Simplement. Et, peut-être indiscrètement, tu t’es par la suite mis à observer les gens. En sirotant. Il y en avait de toutes sortes. C’était probablement ce qui te plaisait le plus en ces lieux. L’impression de faire partie d’une masse, d’un ensemble homogène bien que différent. Peut-être est-ce l’un des seuls endroits réels où tu ne te sentais pas précisément observé. Peut-être les choses allaient-elles aussi avec ton humeur du jour. Qui sait ce qu’il adviendra de demain. Ton regard s’est porté sur l’inconnu aux cheveux bruns. Sans réellement y prêter attention, peut-être. Ses yeux te semblent tellement sombres. Reflets des méandres d’étranges idées. Tu t’es un instant demandé ce qui pouvait bien l’avoir conduit ici. S’il était brisé de l’intérieur. De quelle manière cachait-il son jeu. Et peut-être sans t’en rendre compte, tu lui as souri. Mais tes yeux ne le voyaient déjà plus. Peut-être ont-ils cessé de le regarder à l’instant même où tu avais commencé à divaguer. Peut-être n’avait-il jamais été là. Créature du fond de tes pensées, magie chimique de tes idées. Ton personnage. L’élément qui viendra, un jour peut-être, répondre à tes tourments. La clé à demie-brisée d’une existence ravagée. Et s’il avait vraiment existé ? Qu’aurais-tu pu lui dire ? Comment pourrais-tu t’introduire à ses côtés ? Tu te serais contenté de l’observer. Et peut-être que, sans dire un mot, vous auriez discuté. Sans même profiter des délectables sons d’une voix grave, amusante dans ses consonances. Et ça aurait été, sans hésiter, de la magie dans un monde d’illusionnés.
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MessageSujet: Re: cyd † you see, it's not me, it's not my family   Sam 15 Juin - 14:53



Reveil, doucement. Un voile lourd sous les yeux, une ceinture de plomb qui serre le crane. Faut pas boire de lait le matin, il paraît que ça fait cailler le whisky de la veille. Je me lève douloureusement, tendant un à un mes membres nus et gourds. Le monde tourne autour de ma tête, ça roule, les forme effacée s'écharpent des ombres, les couleurs tremblotent. Noir, blanc, noir. Je retombe aussi facilement que ce fut dur de me lever. Passant une main dans mes cheveux décoiffés, je baille. Me relevant pour la deuxième fois. Le soleil se couche déjà. Je suis un oiseau de nuit. Le soleil, ça pue. J'aime pas le soleil. Çà fait trop mal de voir les choses dans la lumières. L'ombre, pour son côté « je gomme tout, ne t'inquiète pas » a mon absolue admiration. Non, j'aime pas le soleil. Les ballades estivales à courir après Hélios, trempé dans l'eau, c'est pas de ma veine. Je suis un enfant d'Artémis...Ou juste un éternel saoulard qui préfère la moiteur des rues noires pour dégueuler discrètement. C'est plus facile de se piquer dans un coin de rue la nuit qu'en plein jour. Et puis, la nuit efface les évidences. Rassemblant mes neurone un à un, je tente une ouverture jusqu'à ma douche. Un pas, deux pas et poum, un bouteille anti-personnelle, je trébuche. Ridicule. Un juron pour me traîner. L'eau brûlante ravive mon corps grisé. Je laisse les gouttes me dévorer, amantes chlorées. Ma maigreur ne m'inquiète même plus. Je pourrais compter mes cotes. Imberbe, je contemple mon corps délavé, presque cadavérique, pâle comme un amour télévisé. Sortant de la cabine, j'ouvre compulsivement fenêtres et portes. Surtout pas enfermé, surtout pas. J'ai tellement peur d'être enfermé que je chie la porte ouverte. Va falloir des fenêtre à mon cercueil, j'veux pas me faire bouffer par les vers en flippant, la viande tendue à rarement bon goût. Je choppe quelques fringues, sans importante, chemise et jean délavé, ma guitare. Je suis déjà en retard. Qu'importe.

J'ouvre la porte et le monde s'engouffre dans mes yeux. Les voitures vrombissent, le soleil couchant agresse ma rétine. Ca pue l'essence, la pluie et les poubelles. De lourd nuages ceignent la lune naissante. Je fais trop pas et ils crèvent, deversant leur bombe sur mon visage pas vraiment sec. Je tire une cigarette brisée en deux, je l'allume quand même. Les gens marchent, bien enfermés dans leur jaquette, bien enfermé dans leurs vie. Il y a la vielle et ses chien qui pestant contre la météo traîne sa carcasse enrobée sous un porche. Il y a l'homme d'affaire, pédé sur le retour qui embarque discrétos un petit jeune. Peter qu'il s'appelle le gosse, ou John. Il y en a tellement des commes yeux. Des peter et des John aux grand yeux bleus, au membres maigres, mi-homme mi-femme. Des gamins aux yeux tristes, au cicatrices infectés. Il y en a tellement des âmes perdues, fantomatique, a hanter les rues sans savoir pourquoi, à fouiller le monde trop grand pour eux. A se perdre. A se détruire. A s'aimer pour finir par se tuer. Il y a aussi les dealers qui s'enfoncent dans le métro. Je les suis. Je passe devant Peter, ou John. Il me sourire, un sourire qui pue l'échec. C'est facile de sourire, de regarder en souriant, de crever en souriant. J'aime pas son sourire. J'aime pas sourire. J'aime pas cisailler ma face d'un mensonge aussi gros que la queue de mon maque. Sourire pour dire merci, pour dire bonjour, pour dire au revoire, pour être polis, pour être sympathique. J'vous crache tous à la gueule, sourieur de la peine, de la mort, sourieur du mensonge, des âmes mornes.

Je descend jusqu'au métro, plus je m'enfonce plus j'ai peur. Les murs se resserrent sur moi. Je suis trop grand dans une boite trop petite. Sueur, j'étouffe. Soupirant doucement je rentre dans le monstre. Les tripes de l'ombre défilent derrière les fenêtres, je me retiens de crier. Comme vous faites pour rester aussi calme. Et si on ressortait pas ? Si on crevait là, dans le noir, dans les tripe maudite de cette londres en gangrène ? Si on s’enfonçait encore plus. Si on allait en enfer ? T'as pas peur toi vieux bourge qui me reluque. J'suis pas de service bébé. T'as pas peur gamin ? Tu vas où ? Pourquoi tu me parle toi. J'aime pas ta gueule. J'aime pas ton gros pif. Laisser moi sortir bordel. Mes ongles s'enfoncent profondément dans ma paume. Putain laissez moi sortir. J'ai besoin d'air. Un voile me tombe sur les yeux. Je me lève titubant, trébuchant sur un travestie qui me sourie. Il me rappelle Maxime. Maxime et ses grand ongles. Maxime et ses seins en plastique. Il était si belle. Il avait des jambes sans fin, les hanches de déesse. Maxime couchait pas. Il me payait pour que je m'assois sur ses genoux, qu'il caresse mes cuisses du bout des ses serre, qu'il embrasse ma peau. Maxime sentait la naphtaline, il sentait la solitude, et la tristesse. Il était cassé dedans. Il espérait que je le réparerais. J'ai fait semblant de le réparer. Alors il souriait, moi aussi. Il disait qu'il m'aimait, je lui répondait que je voulais qu'on se marie. Ca lui faisait plaisir de croire qu'il comptait pour quelqu'un. Il souriait puis pleurait. Me donnait mon billet, un petit merci. Maxime avait ce genre de brisure troublante, artistique, une mélancolie abyssale. Il venait tous les vendredi soir m'attendre dans ce club. Un jour il n'est pas venu. La semaine d'après non plus. Ni l'autre. On l'avait retrouvé dans son appartement, pendu avec une écharpe, son maquillage étalé sur le sol. J'ai faillis pleurer. Mais je pleurs pas moi. J'pleurs pas.

Je retrouve la surface. Ma tention s'éffrite à fur et à mesure que je respire. Le ciel ouvre sa gorge et m'avale. J'entre dans le café. Salue le Barmaid et pose ma guitare derrière le comptoire, sirontant un scotch. J'allais bientôt commencé. Un pair d'yeux se plante sur moi. Je la cherche, la trouve. Ces yeux là sont loins, perdus à l'intérieur. C'est encore une âme perdue, un éniéme brisé. Je les reconnais de loin. A leur manière de regarder, de sourire. Je détourne les yeux et monte sur scène.

Musique du bout des lèvres. Chuchoté. Mon souffle se perd. Je ne deviens plus qu'une respiration, une nuance suspendue. Mes doigts d'activent sur ma guitare. J'étouffe. Il faut que ça sorte. Mes tripes, je vomis dans le micro, entre chant et crise, mes mains dansant sur le manche de la guitare. Ca n'a plus de sens. Le brisé me regarde. Je tisse la musique. Les minutes s'enfilent comme des perles. Les gens se lève, se déhanchent. Je ne suis plus qu'un souffle. Je suis une dixaine de souffle, une vingtaine. Je ne suis que le micro, que le son qui monte et s'éffondre, qui explose. Puis qui meurs dans un dernier râle. Un autre groupe passe. Je retrouve le brisé à la table ou il reste une place. Bouteille de Wisky à la main.

« t'en veux ? »

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MessageSujet: Re: cyd † you see, it's not me, it's not my family   Sam 15 Juin - 22:22

you see, it's not me, it's not my family.

Il a disparu. Illusion magique, être famélique. Peut-être l’as-tu effrayé, être dérangé. Tu n’es peut-être bien qu’un monstre ayant décidé de se dévoiler. Et tu te replies presque sur toi-même, dans l’espoir de te faire oublier. Tes yeux se ferment, fatigués. Et c’est à ce moment-là que tu l’entends. Sons magiques. Bruits qui, doucement, se font de plus en plus forts. Mélodiques. Explosion de tes sens. Tu redresses doucement la tête, dans sa direction. Pour observer un peu plus attentivement les notes de la musique. Et les croches se dessinent sous tes yeux ébahis. Longue plainte, énorme cri. Violence contre la vie. Un étrange sourire t’étreint doucement. Sans joie, probablement. Ça te fait du bien de l’écouter. D’entendre ses mots crachés à l’arrachée. Tu te sens peut-être un peu plus toi-même, l’espace de quelques instants. Sans réelle crainte d’être jugé. Sans penser que rien ne peut être réparé.

Et lorsque les dernières notes ont raisonné, il a nouveau disparu, laissant place à de nouvelles mélodies qui t’étaient encore inconnues. Tu as toi-même hésité sur tes pensées. N’étais-tu pas à nouveau en train de délirer ? Craintif, tu as observé la population autour de toi. Et si celle-ci ne faisait que se resserrer vers toi ? N’y avait-il pas quelques-uns que tu avais surpris à murmurer ? Qui sait. Qui sait ce qu’ils pouvaient bien manigancer. Finalement, tu t’effraies toi-même. Comme si tu n’avais que ça à penser. Silencieusement caché au fond de tes tourments, sombres idées dont tu ne sembles pas vouloir te séparer. C’est que tu sembles te complaindre dans cette situation. Comme si, de toute manière, il n’y avait rien à faire pour y remédier. Stupide garçon.

« T’en veux ? » Tu sursautes, lèves les yeux. C’est l’irréel garçon. Il avait déposé une bouteille de verre sur la table. Whisky, à en juger par l’étiquette. Genre de boisson qui a peut-être un jour jonché le sol de ton appartement. Chose qui s’est peut-être déjà frottée contre tes dents, avant de traverser ton être tout entier en brûlant. Tu soupires doucement. Sans trop savoir quoi lui dire réellement. « Peut-être … » Tu penches la tête sur le côté. Hésitant. Entièrement. Il s’est déjà installé, sans rien te demander. Qui sait, peut-être voudrais-tu discuter, cette fois-ci. Autrement, probablement te serais-tu déjà enfui. Alors, doucement, tu souris. Peut-être pas réellement rassuré, mais c’est sans réelle importance, à l’instant. « C’est toi qui jouait, tout à l’heure .. ? » Peut-être n’était-ce pas lui. Peut-être n’est-il pas là du tout. Peut-être commences-tu à avoir du mal à distinguer rêve et réalité. Prisonnier dans ton monde de liberté. « Si c’était toi, eh bah … J’ai beaucoup aimé. Même si ce n’était pas toi, d’ailleurs, ça n’aurait rien changé. C’est ça. Il ne faut pas s’attarder aux apparences pour comprendre ce qui pourrait nous échapper. » Tu te déplies un peu, déposant à nouveau tes pieds sur le sol. Ton dos se redresse, alors que lentement, tu sembles sortir de ta coquille. « Qui es-tu ? » Tu demandes, sans trop hésiter. Presque sans crainte. Après tout, qui sait où tu es. Qui sait qui il est. Peut-être juste une âme un peu abusée, perdu dans les méandres d’une boisson alcoolisée. Et c’est ce qui te semble attendrissant alors que tu respires à ses côtés. Impression étrange d’être une pauvre brebis galeuse égarée. Apeurée. Et tu es toi-même surpris à l’idée. Que pouvait-il bien penser ? Quelles étaient ses ambitions à propos de ton âme décharnée ? Puisqu’il fallait tenter, autant s’isoler dans la réalité. Et le sang pourrait s’écouler d’entre vos lèvres que personne ne le remarquerait..
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