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 PVGUS ▽ « between your eyes »

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MessageSujet: PVGUS ▽ « between your eyes »   Sam 5 Jan - 21:42

Between Your Eyes
Augustin P. Cromwell & Maksim D. M.-Abhainn

L'odeur flottante et amère de la sueur, les sons étouffés, échappés de bouches déformées par des poings tout aussi difformes. Le sang, par jets, en slow motion, qui vient repeindre les murs sobres et déprimants de la vieille usine désaffectée. Le son des coups, administrés par de pauvres bougres ignorant la douleur, le bruit de leurs propres os qui craquent, qu'ils malmènent. Certains diraient qu'ils sont inconscients, ou prêts à tout pour quelques sous. D'autres comprendraient peut-être qu'aucun n'est là pour payer son loyer, mais bien pour cogner, pour frapper, pour s'unir dans la violence et la souffrance, puisqu'il n'y a plus qu'elles qui nous font nous sentir vivant. Je souffre donc je suis. Sans souffrance, pas d'humanité. La peur au ventre, l'envie de mordre, de griffer, de briser, de tuer... Et puis la cloche de fin de combat qui retentit soudain, qui met fin à l'horreur, fin à la mort. Puis les corps qui se heurtent en une accolade chaleureuse, presque amicale. La sueur, toujours, qui coule, par grosses gouttes, et se mêle au sang sur le sol. Et moi, insensible. Et moi, dont le cœur bat à rythme régulier, j'attends, mâchoires crispées, poings serrés, mon heure de gloire. Ce moment, unique, où mes pieds, l'un après l'autre, viendront fouler le ring aux contours imaginaires sur lequel tant et tant d'autres hommes sont tombés avant moi, ont hurlés avant moi, ont cédés avant moi. Et ma sueur viendra rejoindre celle de mes aïeux, et mon sang se diluera avec celui d'autres crétins dans mon genre, qui n'ont pas su s'arrêter quand il en était encore tant, et qui aujourd'hui nous observent dans leurs fauteuils roulants ou du haut de leurs béquilles usées. Et un nom, un simple nom est appelé. Et tous les regards se tournent alors vers celui d'entre nous qui fut choisi. Et il monte, fièrement, sur cet invisible champ de bataille. Et il se tourne vers son adversaire... Puis c'est la guerre.

Sourire sur les lèvres, les spectateurs encouragent l'un ou l'autre, au hasard, simplement parce que sa gueule revient mieux au supporter. Mes yeux, à moi, parcourent les rangs du public. Tous debout. Des hommes de seize à quatre-vingt ans, les yeux illuminés de la même flamme de passion, tous un peu difformes, d'une certaine manière, plus ou moins subtile. Un simple détail, qui déteint plus qu'un autre. Une légère cicatrice laissée par des points de suture, un oeil plus tiré que l'autre, une dent de plomb, une oreille abimée, un sourire tordu... Un nez cassé. Des muscles finement tracés. Une subtilité effarante dans la tenue de ces messieurs qui, pour survivre, ont appris à se battre sans concessions. Et encore ces sons... Chair contre chair, muscle contre muscle, os contre os, corps contre corps. Une âme à la rencontre d'une autre. La merveilleuse altercation entre un homme et sa survie. L'excitant combat d'un oiseau pour sa liberté. Le transcendant succès d'un esprit sur son corps, ou d'un corps sur l'esprit, qu'en sais-je. Et mes yeux, toujours vagabondant d'un visage à l'autre, se heurtent soudain au plus terrible des corps. Je ne sais ni ton nom, ni ta raison d'être ici. Mais putain, t'es là. Je le sens dans tout mon corps. Et l'envie de t'éclater ta gueule d'ange envahit peu à peu chacun de mes membres. Ton visage ensanglanté, ton nez contre le sol froid, ton regard implorant pour que les coups cessent, ta peau dénudée contre la mienne, mes ongles comme des griffes sur ton dos... Et nos âmes qui s'entrechoquent impunément. Je détourne le regard. Je veux savoir. Savoir pourquoi tu es là, pourquoi tes yeux se posent sans cesse sur moi, pourquoi tu fuis quand je te poursuis. Je disparais dans la foule humaine, me glisse entre d'inconnus torses, et arrive à ta hauteur. Tu es là. Je te saisis le bras, te l'empoigne de toutes mes forces, et réprime mon poing dans ta gueule. Tu vivras, a dit le seigneur. Alors je ne te détruirai pas. Pas comme ça. Pas encore.

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MessageSujet: Re: PVGUS ▽ « between your eyes »   Dim 27 Jan - 10:45

abîmes affriolantes de ton corps
(pascal) ▽ Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l'irriter encore plus.
C’est le crépuscule du soir. Le soleil qui file tout droit vers l’abattoir. Tu contemples les cieux à feu et à sang. Tu l’écoutes pousser ses cris déchirants. L’astre virant au rouge sanguinolent. Tu te laisses baigner dans ce carmin rassurant. Le corps encore allongé, nu entre les draps blancs. À peine arraché des doux bras de Morphée. Tu somnoles encore un peu. Futur noyé qui s’accroche désespérément à sa bouée. T’es complètement décalé. Créature de la nuit. Où Londres grouille de vie. Tu te sens comme un écorché vif. Le corps disloqué, la peau toute constellée. Entre l’encre des tatouages, les bleus et les coups. On se demande presque comment tu tiens encore debout. Ange déchu, exécutant parfaitement son plongeon dans les affres de l’enfer. Accueilli comme l’un de leurs. Tous les autres débauchés. Toutes les âmes égarées. Les orphelins de la tendresse. Tous ensemble sur cette autoroute de la déchéance. Au bout de quelqu’un temps on est habitué. On s’attarde à peine sur les macchabées qui en bordent le pavé. De tous ces cadavres décharnés, que le souffle divin a quitté. Les cavaliers de l’apocalypse ont évolués. Ils sont de retour, plus forts que jamais. Outre la mort, indétrônable despote. Voilà l’alcool, le sexe et la drogue qui le talonnent de près. Ils sont à vos trousses. Les sabots de leurs bestiaux martèlent le bitume. Et bientôt, c’est la débandade. Ça court dans tous les sens. Y’a les cris, les pleurs, les rêves angoissants. C’est vos âmes qui dépérissent lentement. Y’a les corps salis, gangrénés de l’intérieur. C’est toutes les blessures dans vos cœurs. Rejetés, ballotés dans les quatre coins du monde, comme de vulgaires gamins paumés. Bienvenue au pays des illusions brisées, peuplé de désabusés à qui on a interdit de rêver. Et ne pensez pas vous échapper. C’est déjà trop tard, vous êtes condamnés. Pieds et poings liés. Ce n’est pas de votre faute, vous savez ? Faut blâmer la société. Celle qu’a fait de vous des mal nés. La nature qui vous a donné une mère pute et un père connards. C’est les pulsions humaines qui les ont conduits à baiser. Alors t’expies ta rage sur tous ces idiots bienheureux. Tu regardes ce putain de sourire, enfin s’effacer. Ces lueurs de désespoir envahir leurs yeux pleins de larmes. Porter ne serait que quelques instants le poids de ton éternel souffrance. Tu leur craches ta haine et ton dégoût au visage. Tous autant qu’ils sont. Tu ne les supportes tellement pas. À vrai dire, t’as jamais pu aimer personne, surtout pas toi. Tu te donnerais presque la gerbe. Ça te remue les entrailles, ça te remonte dans la gorge. Alors tu tentes de noyer ça dans l’alcool. Tu dégueules sur la facilité d’oublier. Oublier l’autre salope qui t’a servi de mère, les sales connes que t’as frappé, les types que t’as fini par baiser. Lorsque t’avais les pupilles trop dilatées, l’alcool à la place su sang pour t’irriguer. T’as beau te dire que t’es pas pédé, d’essayer de te refouler. Te répéter que la façon dont tes yeux roulent sur leurs corps est répugnante. Parfois, c’est trop difficile de s’empêcher. Regarde-toi, encore là, au milieu de cette usine désaffectée. Les yeux encore fixés sur lui. C’est comme une sorte d’obsession. T’as ce besoin de le voir. Lorsque le combat fait rage, qu’il assène ses coups, toi tu vois ses muscles qui jouent sous sa peau que t’imagines si indéniablement douce tes doigts. Son visage tous contre le tien, ses lèvres dans les tiennes. Et tu le détestes pour ça. Sans le connaître, tu l’abhorres déjà. Alors tu le cognes encore plus fort, tu transformes toute ta haine en coups dévastateurs. Il te le rend bien. Et lorsque tout est fini, lorsque t’es plus qu’un amas d’os ankylosés. Rien qu’une carcasse déglinguée qui peine à se trainer. T’as plus que la seule obsession de fuir, de peur qu’il puisse te retrouver. Venir te parler. T’as peur de pas pouvoir résister. Tu te comportes comme le lâche que tu es. Ne jamais devoir l’affronter. Tu devrais pouvoir l’éviter, de te trouver d’autres endroits pour pratiquer. Mais c’est déjà trop tard, t’es bien trop fasciné. Et ce soir encore, il est là. Ses yeux balayent soudain la foule et tu détournes le regard. Pas question de se faire prendre en train de le reluquer. C’est déjà assez malsain comme ça, pour ne pas en rajouter. T’as la désagréable impression de sentir son regard sur toi. T’essaies de ne pas y faire attention, tu te mets à contempler les combattants sur le ring. Le cœur battant au rythme des coups échangés. Boum. Boum. Ta tête va exploser. Le sang éclaboussera tout autour. Carmin sur les visages dégoûtés. T’en peux plus. Tu le cherches du regard. Mais il n’est plus là. Il a disparu. C’est le bordel dans ta tête. Soudain, une pression sur ton bras. Tu manques de sursauter, de te mettre à hurler comme une fillette. C’est lui. T’as le cœur qui bat trop vite, les veines qui pulsent dans tes membres. Faut que tu retrouves ton calme, un semblant de retenue. « Ça va pas ? C’est quoi ton problème ? » Tu te mets sur la défensive. T’es comme un chat attaqué, crocs à l’air, dos arqué, à feuler les poils hérissés. Tout pour dissimuler ta détresse. T’essaies de te dégager de son emprise. Mais bordel, il serre trop fort. « Putain mais lâche moi, merde ! » Tu vas bientôt avoir la marque de ses doigts sur ta peau. Il te ferait presque mal. Tu peines à le regarder dans les yeux, soutenir son regard trop pénétrant. Tu n’es pas à l’aise comme ça. Tu n’aimes pas cette putain de position d’infériorité. « Arrête tes conneries, je dois me tirer d’ici. » T’as moins de conviction dans la voix. T’es déjà en train en train de faiblir. Et bordel, tu détestes ça. Tu te décides quand même à fuir, quitte à l’entrainer avec toi vers la sortie. Tu ne peux pas rester ici.
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Dernière édition par Augustin P. Cromwell le Mer 8 Mai - 11:55, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: PVGUS ▽ « between your eyes »   Dim 7 Avr - 15:51

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Regards entrecroisés. Tu me transperces et je ne peux que resserrer mon étreinte. Toujours la même question, en écho dans mon crâne: Qui es-tu? Les cris autour de moi ne m'évoque plus rien. En arrière-plan, derrière ton étrange coiffure, j'entraperçois deux macaques se tapant sur la gueule pour le plus grand plaisir de tout le troupeau. Dans mes doigts, le rythme de ton coeur. « Ça va pas ? C’est quoi ton problème ? » Tu veux jouer au chat et à la souris, pauvre vieux? Tu ne resteras pas félin bien longtemps si tu me lances sur ce terrain. J'ai toujours écrasé les souris sans faire de sentiment, je peux te réserver le même traitement. J'entrouvre les lèvres, veut te répondre, mais... « Putain mais lâche moi, merde ! » Tu deviens violent? Je ne te lâche plus des yeux. Je veux t'effrayer avant de te questionner. Faire baisser ta garde, histoire que ce soit plus simple pour moi, par la suite. Et le monde entier qui continue de tourner autour de moi, mais qui m'échappe, puisque ton visage m'ensorcèle de plus en plus. Je sens mes doigts qui se resserrent autour de ton bras tremblant de colère, et tes yeux qui vont et viennent, tantôt se plongeant dans mon regard imperturbable, tantôt se promenant sur les courbes de mon corps à moitié nu, et puis, d'autres fois cherchant secours dans l'environnement qui m'échappe. « Arrête tes conneries, je dois me tirer d’ici. » Faiblirais-tu? Ta voix n'est plus qu'un filet, étouffé par les hurlements bestiaux de nos camarades. Le son parvient à peine à mes oreilles, et je sens un léger sourire se dessiner sur mon visage. Je n'ai pas eu besoin de dire un mot pour que, déjà, tu perdes un peu de ta contenance. Il semble pourtant que tu puisses encore me surprendre, puisque soudain tu disparais de mon champ de vision, entrainant ma main agrippée à toi. Je me laisse emporter à ta suite, et je me sens comme dans un de ces putains de contes de fées, où la princesse se faire sauver par le beau prince inconnu des griffes des méchants pas beaux. Mais c'est ridicule, et je finis par te lâcher, sans pour autant cesser de te poursuivre. Tu zigzagues entre les corps, je slalome à ta suite. La fuite, serait-elle ton unique solution? Tu trottines, cours presque, vers les quatre lettres rouges néon EXIT, et moi sur tes talons. Tu es ma proie, je serais le lion aux aguets. Je n'abandonnerai pas ma chasse. Tu passes la porte, je m'y précipite également. Tu ne m'échapperas pas. La nuit m'enlace, et l'obscurité me laisse un instant démuni, mais j'entends tes pas à quelques mètres, et je reprends ma course effrénée. Je bondis, lances tout mon corps en avant, m'écrase sur toi qui tombe au sol sous mon poids. Sans te laisser le temps de te remettre de cette petite surprise, je te retourne, t'enfourche, bloque tes mains et te paralyse complètement. « T'es qui, bordel? Qu'est-ce que t'as à me mater en permanence? » Tension dans ta voix, dans tes mains, dans tout ton corps, plaqué sur lui, le dominant. Je t'avais prévenu, petite souris, je gagne toujours quand je deviens le chat. La rue est plus silencieuse que la vieille usine d'où s'échappe encore quelques bribes de voix. Big Joe vient de battre Slayer. De gros rires s'élèvent dans la nuit noire, renforcée par l'absence de tout lampadaire dans cette région de la ville. « Réponds-moi! Réponds-moi où j'te bats à mort! » Je hurle presque, maintenant. Son regard est poison. Je ne m'en détache plus. Il m'énerve. Colère. Respiration accélérée. Je finis par lever mon poing, prêt à frapper, et je siffle entre mes dents: « J't'aurais prévenu, p'tit con, si tu me réponds pas... » J'attends. Quelques secondes, comme suspendues dans le temps. Quelques instants divins. Où mon corps, enfin, sur le tien...

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MessageSujet: Re: PVGUS ▽ « between your eyes »   Sam 11 Mai - 9:04

abîmes affriolantes de ton corps
(pascal) ▽ Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l'irriter encore plus.
Tu ne supportes pas sa proximité. Sa manière de te regarder. Cette façon de te retenir, doigts resserrés sur ton bras, tu le sens jusque dans ton os, comme s’il essayait de le briser. Et tu ne supportes pas ce moment d’égarement, ce sentiment de faiblesse et d’infériorité. Tu n’aimes pas avoir à te justifier, qu’on porte atteinte à ta liberté. Et de toute façon, que pourrais-tu bien lui dire ? Que tu le désires ? Son corps contre le tien dans la première petite ruelle mal éclairée, toi-même, tu n'es pas prêt de te l'avouer. Alors quelle connerie, quel bobard serais-tu prêt à lui servir ? Alors, tu préfères t'enfuir. Tu n'es qu'un lâche, incapable de l'affronter sans le prétexte d'un combat, un cercle d'hommes enragés qui crient et injurient, pour te protéger. Ce n'est pas faute d'avoir essayer. Tu tentes de te donner un peu de contenance, d'ériger quelques barrières de violence. Tu voudrais pouvoir te dégager seul de cette impasse, tirer ton bras hors de là. T'as beau secouer, rien n'y fait, sa poigne ne semble que se resserrer. Et déjà, derrière ce masque de colère, tu faiblis. Ta voix perd sa substance, sa contenance, s’amenuise au fur et à mesure. Tu n’arrives même plus à te convaincre toi-même. C’est pourquoi, tu préfères te taire, avant que tu ne deviennes qu’un murmure, un bruissement perdu dans la foule. Et tu fiches le camp comme tu le peux, le trainant à ton bras, s’il le veut. Jusqu’à ce que la pression s’amenuise, que ses doigts autour de ton bras libre ne soient plus qu’un mauvais souvenir, des traces rougeâtres sur ta peau. Malheureusement, il ne semble pas décidé à te lâcher. T’entends distinctement ses pas marteler le sol à grandes enjambées. Pendant que toi, tu détales de plus en plus vite, tu slalomes entre les corps, t’en bouscules quelques uns, récolte quelques injures au passage. Mais tu t’en fous, tu les entends à peine, au-dessus de ton cœur qui bat trop vite, de ses pas qui se rapprochent dans la nuit. Parce que tu ne le sèmes pas en sortant de l’usine. Il est déterminé à t’attraper bien que tu t’acharnes à lui attraper. Tu sais d’ores et déjà que ça va mal se terminer. Mais pour l’instant, quelques brins d’espoir au ventre, tu cours encore. Tu ne vois pas grand chose, dans l’étendue obscure du quartier mal famé. Les impôts que vous devez payer ne viennent pas porter leurs fruits jusqu’ici. Les lampadaires sont bien trop espacés voire trop souvent absent des ruelles. Qui voudrait éclairer les chemins sinueux d’une vieille usine désaffectée ? La ville a bien d’autres priorités. Auparavant, cela ne t'avait jamais gêné, au contraire, mais maintenant que tu te retrouvais à cavaler dans l'obscurité, c'était une toute autre histoire. Tu ne peux qu'imaginer tout ce qui pourrait te faire trébucher et t'affaler lamentablement. C'est pourtant ce qui finit par arriver, pas tout à fait comme tu le pensais, mais le résultat est le même. T'as senti, un poids s'écraser sur ton dos et avant que tu n'aies eu le temps de comprendre ce qui t'arrivait, te voilà le nez sur le macadam, à mordre la poussière. Tu n’as pas le temps de te ressaisir, de sentir le sang dégouliner de ton nez qui s’est heurté sur le goudron qu’il t’a retourné. Le voilà sur toi, emprisonnant tes mains, ton corps du sien. « T'es qui, bordel ? Qu'est-ce que t'as à me mater en permanence ? » Il crie, il est en colère. Cette tension dans sa voix est dangereuse, tu le sais bien, pour l’avoir souvent employé. Tu sens la situation tourner de plus en plus en ta défaveur. Tu sers les dents, tu tentes de ne rien laisser paraître. « Réponds-moi ! Réponds-moi où j'te bats à mort ! J't'aurais prévenu, p'tit con, si tu me réponds pas... » Tellement énervé qu’il a le poing levé, prêt à asséner son coup, laissant une de tes mains en liberté. « Putain mais t’es vraiment taré, bordel ! » Tu le toises d’un regard noir, à défaut d’avoir le dessus, tu ne te laisseras pas démonter si facilement. « Et arrête de t’faire des films, j’te matais pas. Ou tu devais avoir un bouton sur le visage ou je ne sais quoi. » Toujours sur la défensive, à te cacher derrière ta raillerie. Tu te fiches de savoir que ce n’est pas forcément une bonne idée de le provoquer dans cette position. D’ailleurs, tu ne lui a toujours pas donné ton nom. Tu ne fais qu’envenimer la situation. Putain de fierté à la con. « Bon tu me lâches, ouais ? J’suis pas pédé, j’apprécie pas qu’un autre mec se colle à moi, tu vois ? Et je t’ai déjà dis que j’avais mieux à faire que d’être ici. » Avec toutes les années que t’as passé à te mentir à toi-même, t’oses penser que tu sais te montrer convaincant sur ce point de vue là. Même si la présence de son corps sur le tiens est tout sauf désagréable, tu te fais violence pour le cacher.
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MessageSujet: Re: PVGUS ▽ « between your eyes »   Mar 16 Juil - 22:41

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Son corps. Sa respiration. Tu sens son ventre se gonfler d'air, sa cage thoracique s'élever vers le ciel et rencontrer ton torse, sa cadence essoufflée qui ne fait que rendre plus réguliers ces simples contacts physiques qui ont le don de renforcer le désir qui t'emplit alors que tu es prêt à le frapper et à réduire sa gueule d'ange en résidus. Mais il est là, à te regarder, au moins aussi perdu que toi, et tout aussi doué pour le dissimuler. Il finit par te répondre, et sa voix te coupe complètement dans ton délire. Ton bras faibli, au-dessus de sa tête, et tu relâches la pression. Ton regard perd de sa substance, et tu sens ta lèvre partir en un unique tremblement qui te fait honte. Tu te reprends. Calme-toi. Respire. Torse contre torse. Ses yeux sont plongés dans les tiens, et c'est presque aussi stupide qu'un simple battle de regards... Sauf que c'est cent fois plus difficile de tenir sans se démonter un regard de haine quand on désire celui qui nous lance le défi. « Putain mais t’es vraiment taré, bordel ! Et arrête de t’faire des films, j’te matais pas. Ou tu devais avoir un bouton sur le visage ou je ne sais quoi. » Tu ris. Il te prend pour un con, en plus. T'adores ça. Alors tu laisses retomber ton poing doucement, et tu le saisis par la gorge. Tu grifferai bien la peau de sa nuque, tu mordillerais bien les lèvres tatouées sur son cou, mais tu te contentes de le maintenir sous toi d'une étreinte contrôlée. « Bon tu me lâches, ouais ? J’suis pas pédé, j’apprécie pas qu’un autre mec se colle à moi, tu vois ? Et je t’ai déjà dis que j’avais mieux à faire que d’être ici. » Un non assumé, encore? Tes dents se découvrent en un rictus qui se veut peu rassurant. Tu restes silencieux un instant, ne sachant que répondre. Avait-il réussi à te la boucler? Impossible. Et pourtant les secondes semblaient s'allonger... Le temps passait, et tu ne répondais rien. Alors, dans un accès de colère suite à cette humiliation, tu approchas dangereusement ton visage du sien, mettant vos quatre yeux face à face, le dominant toujours, et, resserrant plus encore l'étreinte de tes doigts incrustés dans son cou, tu murmuras, sur ton ton le plus menaçant: « Si tu crois que tu me fais peur, avec ton homosexualité mal refoulée, j'ai vu qu'tu m'regardais, et c'était pas la première fois. J'ai vu qu'tu me matais, et tu me feras pas croire le contraire. Alors assumes, au moins... Sale pédale. » Tu n'avais pas vraiment eu de problème à assumer ta sexualité. Tant que ça te passait sous la main et que ça te faisait du bien, que l'outil de ton plaisir ait une queue ou un vagin, ça ne t'avait strictement jamais dérangé. Mais tu ne supportais pas ces tapettes refoulées incapables d'accepter leur orientation. Ça te donnait toujours envie de détruire leurs pauvres visages de demeuré. Et là, pourtant, tu ne voulais pas le frapper. Non, t'aurais plutôt aimé lui montrer ce que c'était, qu'un homme. Mais t'osais pas. Et ça participait à te foutre méchamment en rogne. Mais il ne se passait rien. Et vous aviez juste l'air con. T'as desserré l'étreinte. Tu t'es relevé. T'as tourné les talons, et t'as commencé à marcher. Plus tu t'éloignais, moins t'avais envie de partir. L'air frais qui venait caresser ton torse te rappelait la chaleur du sien. Les tressaillements dans ton ventre s'amenuisaient, et tu haïssais cette sensation de n'avoir pas terminé ce que tu avais commencé. T'aurais voulu qu'il te renverse, qu'il prenne le dessus, qu'il te montre sa haine, lui aussi, mais physiquement. Qu'il te touche, te griffe, t'étreigne au point de te faire mal. Qu'il s'agrippe à toi et te coince. T'aurais voulu. Mais tu te contentes de murmurer un « Pauvre enfoiré. » dans ta barbe, alors que tes pas tentent de te ramener dans ton havre de paix. Pauvre type.

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